1 avril 2020

Peindre





mars 2020 





Peindre : s'engouffrer dans la contradiction.
Et si on a l'impression qu'on pourrait continuer sans ne jamais
s'arrêter, alors continuer.

peindre, sans rien, ou avec peu.

Se compliquer l'existence.
peindre, ne rien faire tout en faisant,
rater encore, aller vers le mieux pire possible.

Si un trait est trop propre : le salir.
Si une forme est reconnaissable : la repasser.

peindre : tourner le dos au monde ou avoir le monde sur le dos

ne choisir ni l'un ni l'autre
agir en sauvage. mal parler.
ne pas connaitre ses mots.

peindre : détruire, défaire.

animal, camion
main, pied, sexe, tête
branche, feuille, goudron
tout est joué

peindre, réapprendre à parler

excès de sensualité,
accès au sauvage

Peindre ; tourner le dos au monde et lui faire face.










Je publie ici quelques planches et quelques extraits du travail en cours, à vrai dire, un travail qui n'a jamais cessé, de côté, peu montré, un travail qui aux yeux de certains contemporains ne serait qu'archaïque, passé, dépassé, déjà trop tard, mais il faut continuer, pousser l'outil sur une surface absente, se mettre le monde à dos et le porter tout autant, peindre contre l'idée, pour tenir une pensée, longue et lente, brutale et sauvage. 

Les extraits présentés ici sont tous réalisés sur papier couché mat ou brillant, aux formats 15x21cm. Il y aurait aussi de grands formats sur papier, toile de lin libre, tissus libre ou bois montée. 

Demain tout sortir, mettre côte à côte les histoires, les images, les notes, l'alphabet infini, traits, tirée de traits, chercher les sources, être attentif aux fonds, entité lacunaire ouvertement fermée, terminer l'heure, passer outre la durée, entre la nuit et le reste. 

Passer outre la durée